Le handicap moteur peut toucher un membre ou l'ensemble du corps. Ainsi, les personnes atteintes de ce handicap se déplacent soit debout en s’aidant d'une canne, soit en fauteuil roulant. En pratique, les déficiences motrices engendrent une gêne ou un empêchement dans les déplacements, la préhension d'objets et parfois la parole. En France, on estime qu’1,5 million de personnes souffrent d’un handicap moteur (qu’il soit d’origine génétique, accidentel ou cérébral) dont 600 000 sont atteintes de paralysie.

SAVOIR ACCUEILLIR

Une personne handicapée moteur est une personne comme une autre, elle a simplement besoin qu'on lui assure plus de facilité et de sécurité dans ses déplacements :

Assurez-vous que la personne peut accéder à votre lieu de rendez-vous, assurez-vous de l’absence d’obstacles, du bon fonctionnement des ascenseurs et si possible de la disponibilité d’une place de stationnement à proximité.

Marchez à côté d’elle en respectant son rythme.

Indiquez-lui les changements de direction et laissez-lui l’usage des rampes et plans inclinés.

Patienter devant un ascenseur, un guichet ou un service, est très pénible pour les personnes handicapées moteur : laissez-leur la priorité et le temps d’effectuer leurs déplacements.

Une personne en fauteuil ou de petite taille ne peut voir que si elle est placée devant (spectacle, exposition, allocution) : veillez à lui laisser un passage et un espace suffisants.

Le regard que vous portez est important : appuyé ou détourné, il stigmatise et peut donner à la personne l’impression d’être réduite à son handicap.

Vous pouvez sans crainte utiliser tous les mots du langage comme marcher, aller, courir…



SAVOIR ÉCHANGER

Comme avec toute autre personne, l'échange repose sur le respect mutuel et l'égalité. Pour qu’il soit établi, il convient de suivre quelques conseils de bon sens :

Surveillez votre langage. Personne n'est “cloué” dans un “chariot” ! Parlez de “personne handicapée”, n'employez pas de termes réducteurs comme “infirme”, “invalide”, “boiteux”, “nain”, etc.

La station debout est pénible, proposez à la personne de s’asseoir.

Le fauteuil roulant tient le rôle des jambes de la personne handicapée. S’appuyer dessus est une familiarité qui peut être mal perçue et dangereuse.

Attention, vous me déséquilibrez, je vais finir par tomber.

La personne en fauteuil roulant ou de petite taille peut souffrir d’un sentiment d’infériorité. Placez-vous à sa hauteur, vous établirez ainsi une relation d’égalité.

Pour échanger, je me place à la hauteur de mon interlocuteur !

Certaines personnes peuvent avoir une élocution difficile, du fait d'un handicap moteur cérébral ou de séquelles d'un traumatisme crânien. Leur intelligence n'est pas altérée, parlez-leur normalement et laissez-leur le temps de vous répondre.

Adressez-vous à la personne directement et non à son accompagnant. Ce dernier pourra vous aider à converser si votre interlocuteur s'exprime avec difficulté. Mais l’aidant n’est qu’un interprète, il n’est pas votre interlocuteur.

Merci de nous libérer la voie et de faciliter nos déplacements !

SAVOIR AIDER

Le quotidien des handicapés moteurs est fait d'une multitude de situations qui peuvent devenir des obstacles insurmontables :

Si vous pensez que quelqu'un a besoin d'aide, posez-lui la question et suivez ses conseils. Une personne en fauteuil roulant saura vous expliquer comment la pousser ou franchir un seuil en toute sécurité, retirer ou mettre un vêtement, etc.

Lorsqu'une personne handicapée est aidée d'un chien d'assistance, considérez que cet animal travaille; saluez la personne avant l'animal. Ne le caressez qu’après avoir demandé l’autorisation à son maître.

À table, certaines personnes peuvent avoir besoin de votre aide. Elles sauront vous expliquer leurs besoins, laissez-vous guider et restez naturel.

Laissez votre place dans les transports publics.

Dans la rue, proposez votre aide quand vous voyez qu'une personne en fauteuil roulant rencontre une difficulté mais ne vous sentez pas offusqué si elle décline cette aide : beaucoup de personnes handicapées accordent une grande importance à leur autonomie, même si elle leur coûte des efforts.

Pour les personnes handicapées moteur, se déplacer dans la ville nécessite généralement une attention constante portée sur le sol, son revêtement, ses obstacles. En laissant le passage, en améliorant l'accès, en retirant les obstacles, vous leur facilitez la vie. Après une journée passée à franchir des trottoirs, des seuils, des chaussées en plus ou moins bon état, un sourire, un "bonjour", et un peu d'aide peuvent rendre le handicap plus supportable.


TÉMOIGNAGES

“Alors que je m’approchais pour regarder un spectacle de rue, un monsieur m’a
gentiment laissé me placer devant. Puis il s’est appuyé nonchalamment sur mon fauteuil. Les gens ne comprennent pas que le fauteuil est un prolongement de mon corps !”
Michel, 32 ans.

“Je suis très autonome dans mon fauteuil. Cependant les parcours en ville sont
ponctués d’obstacles et cela devient vite fatigant. J’aimerais que les gens pensent à ne pas laisser leurs poubelles, à nettoyer les déjections de leurs chiens ou encore à ne pas garer leurs voitures sur le trottoir !”
Marie 52 ans

“Je vis très mal les regards insistants et remplis de pitié des gens.”
Karim, 14 ans

Extrait du Guide 'Vivre ensemble', Guide des civilités à l'usage des gens ordinaires
Réalisé par Claire Roger, avec le soutien du Ministère des Personnes Handicapées